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Douceur et discrétion
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Prestige,  drôle de nom pour une poubelle !


Amis Basques, Landais, Bretons, toutes mes condoléances…
Le noir a eu raison de nous.


     Désormais tous les organismes vivants (du moins ce qu'il en restait),
          engagent un ballet funèbre.
          Des mouvements lents, une agonie gluante,
          leur dernier souffle matérialisé par une pathétique bulle noirâtre,
          tel est le tableau actuel sur la côte atlantique.



 


Chaque jour, les marées déposent leurs  funestes  cargaisons  d'oiseaux à bout de force,
de coquillages et cétacés morts…
Mais les plages étant fermées au public,
les gens se contentent d'ingurgiter les images du 13heures,
toutes similaires d'un rafiot à l'autre : du sable, des boulettes,
des nappes ; rien de bien nouveau en soi.

Mais la réalité est autrement plus alarmante.

 



Voici quelques mots qui m'avaient été inspiré par le spectacle enivrant
lors de quelques sessions en septembre 2002,
pendant que j'arpentais les plages landaises et basques.

Plages sur lesquelles je traîne depuis plus de 15 ans
mes palmes et ma planche.
Cette contemplation me semble désormais d'un autre siècle :

 

" - J'ai vécu l'océan de miroir au saut du lit,
vierge de tout clapo',
cette feuille d'eau lisse ;
des diamants s'étaient posés dessus,
bien rangés,
déferlant sans bruit,
si ce n'est un murmure timide,
pour ne pas déranger le silence… "


Les diamants ont pris des allures de créatures magmatiques,

et le silence est devenu morbide.

 

 

 

    

"Une chose est sûre,
c'est que tous les matins l'Océan m'attendait,
il me faisait des promesses ;
le soir j'attendais qu'il s'endorme pour pouvoir moi aussi fermer mes yeux sur lui et
être sûre qu'il se réveillerait..."

Cette fois,
l'Atlantique est figé dans une léthargie forcée
digne de la Belle aux Bois Dormant.

 

Quand  l'absurdité  devient  évidence !

La phrase qui suit en est un échantillon affligeant.
Rien d'étonnant à ce qu'elle vienne de la classe politique :

" -Cela se poursuivra tant que les Etats n'obligeront pas les bateaux à transiter très loin au large "
En voilà un qui a tout compris et qui tient la solution au creux de son moignon de cerveau.


       Facile ! loin des yeux loin du cœur !
           La marée noire OK, mais alors seulement au large .
           Faudrait pas que ça souille notre mètre carré de sable estival sur lequel
           trône notre parasol des 35H,
           carré de sable où s'étale à foison serviette estampillée Club Med et
           glacière typique de l'espèce " Français moyen. "
 

Que les poissons crèvent,
que les dauphins s'empoisonnent,
que la flore s'asphyxie,

On s'en fout !

 

 

 

 

Et oui, tous ces médiocres planqués
voient leur petit confort menacé,


et c'est sans aucun doute
la seule chose
qui les poussent à réagir !


Réagir est un bien grand mot !

 

 

Pendant que pécheurs luzien, pompiers et bénévoles
se battent sans relâche contre ce spectre d'ébène,

les responsables font semblant d'être désolé et se tiennent bien au chaud dans leur bureau en Suisse.

Pendant que l'océan recrache tant bien que mal son infâme mazout,
eux vomissent leurs dollars…

schéma  classique  me  direz-vous  !!

 

 

 

               Ces mots ressemblent peut être à du mépris gratuit.

         Ils ne sont ni-plus ni-moins le résultat d'un ras-le-bol parvenu à son paroxysme..
         Quand on aime l'océan, la mer, d'un attachement vraie,
         cela se traduit par une attention constante, toujours renouvelée.


Je passe tous les étés la tête sous l'eau
et je ne remonte pas uniquement des images enchanteresses ,
je traîne mon joug de sachets plastiques,
canettes,emballages alimentaires…


Il ne se passe pas un hiver sans
que je surfe une vague en compagnie
de détritus hétéroclites !

 

Le message que je souhaite faire passer est tout simple :
Il faut cesser de considérer l'océan et la mer comme des enjeux économiques et touristiques.
On veut faire d'eux, des produits de grande consommation,
les transformer en denrées périssables.

 

        Aujourd'hui, la société de consommation est
        devenue notre "maître à penser ".
        La définition de cette dernière est éloquente :


           -" Société d'un pays industriel avancé
               où l'économie, pour fonctionner,
               s'efforce de créer sans cesse de nouveaux besoins et
              où les jouissances de la consommation sont érigées en
              
impératif au détriment de toute exigence humaine
              d'un autre ordre. "

  

                Voilàconsommer, consommer sans cesse, consommer tout et n'importe quoi,
                poussé par une pulsion vital…
                Ne plus attribuer aux éléments la valeur qu'ils méritent,
                ne plus savoir poser sur eux un regard dénué d'intérêt…



Il  va  bien  falloir  se  réveiller  un  jour !

Sachez que l'on fonce tête baissée vers un point de non-retour.

 

Une phrase est passée sur nos écran récemment :
" L 'émerveillement est le premier pas vers le respect. "


L'émerveillement n'étant plus de ce monde,
on comprend pourquoi le respect reste un lointain mirage…

 

En attendant,


BON   PETROLE  2003  A  TOUS !!

 

Francine