Editorial Février 2002

Douceur et discrétion...

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Au fil des siècles l'accès aux écosystèmes marins est de plus en plus facile. Un masque, un tuba, des palmes et "PLOUF " la visite peut commencer. C'est à ce moment que l'on pourra observer différents comportements.

LE PLONGEUR NON IDENTIFIE (PNI)

On le repère au loin, il suffit de suivre le gros nuage noir à l'horizon et la trainée d'huile que son moteur vomit avec allégresse sur l'eau.
Il jette l'ancre sur un tapis de caulerpe, se met à l'eau avec 15kg de plombs autour de la taille.
Il coule comme une pierre, le temps qu'il comprenne qu'il est trop plombé il a déjà parcouru 10 mètres en raclant le fond à la manière d'un rateau géant, le tout accompagné d'un palmage acharné emportant, dans un tourbillon meurtrier, tous les organismes vivant aux alentours.

 

 

 

La satisfaction du PNI ne passe pas par la vue mais par le touché, la possession.

Il s'extasiera devant un vers spirographe en le faisant rentrer dans son tube autant de fois qu'il le pourra.

 

 

 

Il ne remontera pas à la surface avant d'avoir traumatisé un diodon en le faisant gonfler comme un ballon ( faut le comprendre aussi, ça lui rappelle les matchs de foot du samedi soir ! ), et quoi de mieux pour épater la galerie ?

 

 

 


Il prendra soin de retourner une à une toutes les pierres (sans les remettre bien sûr) afin de dénicher poulpes et compagnies.

Puis pour finir en beauté il pressera l'holothurie comme un citron afin d'en expulser un beau filament fluo.

Il faudra lui expliquer au passage qu'après de telles pratiques: le diodon peut mourir de peur, l'holothurie se défait de son estomac et il détruit en 10 secondes ce que le poulpe à mis quelques heures à construire...

 

Attention, le PNI est un grand romantique (oh oui alors), jamais il ne regagnera la surface sans un joli coquillage ou un bouquet d'algues pour sa dulcinée.
Il se décidera pour un sac de coquillages bien vivants, ainsi, sa belle pourra les poser en décoration sur la TV à coté du chien en faïence de tante Aglaë... gloups

De retour sur l'embarcation, il lèvera l'ancre chargée de caulerpe et s'en ira le coeur léger vers d'autres plongées destructrices...snif

Si jamais vous vous reconnaissez dans ce triste tableau, surtout arrêtez la plongée et mettez-vous au tricot.

 

"A l'inverse de l'homme, l'océan se retire pour que la mer garde ses poissons." Pierre Dac

L'idéal serai d'aborder le monde aquatique d'une manière plus saine.

Il ne faut pas perdre de vue que pour la faune et la flore nous sommes classés comme intrus à part entière.

Sachant cela, la discrétion sera une qualité non négligeable.
Le vrai plongeur se contentera de contempler et de s'emerveiller devant ce que le nature lui offre généreusement. Et sa satisfaction sera de savoir que ces merveilles traverseront les siècles et combleront les yeux de nos enfants.

Ainsi il pénètrera dans l'antre sous-marine avec un respect quasi-religieux, il touchera avec les yeux, remettra en place tout ce qu'il aura déplacé.

Il adoptera une attitude de restriction des gestes et des mouvements. Pour se rapprocher, le plongeur cessera de palmer bien avant d'être parvenu à son objectif et finira l'approche en douceur sur le bout des doigts.

Il respectera la tranquillité des habitants en évitant de les déloger à tout prix.

Sa patience le fera accéder à des scènes aquatiques des plus enchanteresses, et son respect de l'environnement lui permettra de s'intégrer et de partager une grande intimité avec la Grande Bleue...


N'est-ce pas là le désir profond
de tout plongeur ?


"La joie de regarder et de comprendre est le plus beau cadeau de la nature." Albert Einstein

 

 

Francine

 

 

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